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"L’Art et la Manière..." n°5 septembre 2003
Le fils forcément prodigue...
Il était une fois, dans une vieille université aux hauts murs chargés de souvenirs, rires, théories, hypothèses et émotions comme pâles reflets et maigres indices de ces parcelles de vérité qui, parfois, ont surgi, DIES. Le monde a les yeux rivés sur nous : la Sorbonne personnifie la liberté. Provoquer un sursaut, refaire vivre ces vieilles pierres confidentes des grands noms de la France médiévale, moderne et contemporaine, qui le peut mieux qu’un syndicat sans parti pris ? Un syndicat sans parti pris dites-vous, est-ce à dire sans valeurs, sans idées ? Non, un syndicat sans parti pris est juste un syndicat sans confort : un de ces lieux où chacun, merveille des merveilles, accepte de réfléchir par lui-même pour résoudre les problè-mes qui se posent. Où toute proposi-tion se discute, où les solutions trou-vées ne sont pas fruits d’a priori idéologiques Il ne faut pas s’y tromper cependant, nous avons certaines bases garantes de notre liberté (finir dans la gueule du loup est le sort commun de l’agneau qui se désaltère sans précaution) comme l’apolitisme, inscrit dans les statuts de DIES. Mais tout ce temps passé à réfléchir, ce temps perdu à réfléchir, laisse la part belle aux autres qui agissent... La théorie est plaisante, la réalité toute autre : de la bourse aux livres de rentrée au DIEStival de fin d’année, DIES mène de front et prend à bras le corps réflexion et action. Des idées simples, qui améliorent considérablement la vie à la Sorbonne (et de la Sorbonne), nous en sommes pleins et les met-trons en œuvre une à une, patiemment, car vous les avez approuvées par votre suffrage. Alors bonnes vacances, qu’elles soient studieuses, occasion d’un stage ou d’un travail, ou plus simplement bucoliques, et à l’année prochaine. Bon vent à ceux qui, sur le point de réussir un concours, nous quittent pour d’autres cieux. Bonne chance à tous les oubliés de mon énumération, les destinées sont uniques et la place manque. Bon vent !
Gauthier de Place Président de DIES
D’une étudiante du bout du monde
Je suis heureuse aujourd’hui de saluer les sorbonnards, et les amis de DIES. On dit en Géorgie que le pays dont la jeunesse est bonne et forte est plein d’avenir. Le fond culturel de notre pays, outre Le chevalier à la peau de tigre et autres valeurs traditionnelles, comprend la jeunesse surtout. C’est parce que les étudiants ont été toujours les acteurs vivants de l’histoire. Le 8 février 1918 (ouverture de l’université d’Etat de Tbilissi, capitale pour permettre l’indépendance de la Géorgie) et le 14 avril 1878, les étudiants exigeaient qu’on proclame la langue Géorgienne langue d’Etat. Leur exigence a été contentée. Durant les années 80 a été commencé le mouvement national. Le pays et l’université forment un tout qui regroupe ces deux organismes. Il ressemble à ces récipients jumeaux, qu’on utilise en physique, les vases communicants. L’exemple flagrant est les paroles de notre lointain ami Gauthier de Place qui à la question d’où il était (malgré son air Géorgien !) répondait je suis de France, étudiant de la Sorbonne. Ce qui m’a fait bien penser que les vocations des étudiants sont communes à votre pays et au mien. Si l’université est le temple, ses étudiants sont les héritiers moraux du pays. L’écrivain Géorgien Nodar Doumbadzé (yjlfh lev,f’t) s’adressait à la jeunesse : « vous êtes les propriétaires de ce pays et tout vous appartient,[...] l’université » On peut s’habituer à tout sauf à l’immobilité. L’université est le foyer du développement moral ou on forme les étudiants intellectuellement recherchés. Les générations changent les mentalités évoluent mais les vocations universitaires se développent jour pour jour. L’université c’est notre avenir.
Nathalie Varchanidzé (yfnfkbf dfhifyb’t) Etudiante au département de langue française, université Shota Roustavéli, Batoumi, Géorgie.
Bâtisseurs d’espérance
« Ainsi me parlait mon père : “Force-les de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux qu’ils se haïssent, jette-leur du grain”. » Antoine de Saint-Exupéry, Citadelle, Chapitre IX.
Comme il est vrai que l’unité de l’effort dans la joie, pour le vrai, le bien, et le beau rassemble les hommes ! Comme il est vrai que la facilité, la médiocrité, le contentement du minimum engendrent petitesse et discorde ! Ainsi, à DIES, nous ne cherchons pas à donner en pâture une quelconque idéologie insipide et alourdissante, aliénant les esprits des étudiants en quête d’une véritable vie intellectuelle. Lorsqu’il y a deux ans, quelques-uns de nos aînés créèrent DIES, c’étaient les fondations d’un véritable chef-d’œuvre des compagnons d’antan qu’ils posaient. D’autres ce sont joint à eux, les plus anciens sont partis, tandis que les désirs de chacun tendent toujours vers un même but : redonner à la Sorbonne une véritable vie universitaire pour une transmission toujours plus vivante du savoir. La grossière ébauche du début s’affine, s’agrandit, tandis que les ouvriers, étudiants en quête de vrai, de beau, de grand, toujours plus nombreux, cisèlent patiemment les suggestions et idées de chacun, comme autant de pierres destinées à la construction de l’œuvre universitaire. Comme elle est belle cette citadelle, si neuve, si imparfaite encore, mais riche de tant d’énergie dépensée, riche aussi de tout ce qu’elle peut devenir ! Ami étudiant, toi qui te sens une âme de bâtisseur, mais qui sais que tu n’y arriveras pas seul, ne laisse pas perdre ton talent ! Au lieu de recevoir les graines distribuées par les démagogues de tous bords, viens unir ta force à celles de ceux qui t’ont précédé pour que l’unité ainsi réalisée entre les étudiants de la Sorbonne permette à chacun une recherche intellectuelle, scientifique, et humaine dans la sérénité.
Clémence HOUDAILLE
Nouvelles de Sorbonne DIEStival mardi 20 mai 2003
Il suffit d’un peu de folie, de rêve et de poésie pour redonner saveur et vie à notre existence... Tout le monde le sait mais rarement ne l’ose... Ainsi font les étudiants, enfants de feu dont s’étiole la flamme sous le givre des jours et des cloisonnements. Mais faites « éclater leur quille, qu’ils aillent à la mer » et voilà que tous se retrouvent, chargés de désirs, d’élans nouveaux et de rêves infinis. La vie appelle la vie. Qu’est-ce que cela signifie pour nous étudiants ? Tout simple-ment que nous avons tous besoin de répondre à ce qui est vivant en nous : l’aspiration de chacun, le mouvement secret qui anime ses curiosités, ses découvertes et ses interrogations ; et une fois revenus au cœur de cette vie en nous, celle-ci déborde vers les autres qui revivent de ce souffle nouveau. C’est ainsi qu’en se jetant aveuglément dans cette journée du 20 mai en pleine cour du Centre Malesherbes, DIES et ses compères jongleurs, poètes, comédiens, magiciens, et musi-ciens, munis de leur seule fougue ont rassemblé au pied levé une foule d’étudiants, tenus en haleine pendant 3 heures à l’orée des examens. Si DIES existe, c’est bien pour permettre à l’impossible de se réaliser : réunir les étudiants, que tous les talents se déploient, que tous puissent à l’université partager des instants qu’ils garderont en mémoire, que chacun se reconnaisse et se découvre mieux dans un commun élan !
"L’Art et la manière..." décembre-janvier 2007-2008
"L’Art et la Manière..." n°7 décembre 2004
L’Art...et la manière. janvier 2007
"L’Art et la Manière..." N°9, février 2006
"L’Art et la Manière..." n°8 décembre 2005
"L’Art et la MAnière..." n°4 avril 2003
"L’Art et la Manière..." n°3 mars 2003
"L’Art et la Manière..." numéro pilote - novembre 2002
