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"L’Art et la Manière..." numéro pilote - novembre 2002

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La place est libre...

Deux ans, presque jour pour jour, depuis la création de DIES ; je suis heureux aujourd’hui d’ouvrir la colonne du premier numéro de ce petit mensuel. DIES se transforme, lance de nouvelles réalisations, et n’attend d’aucune personne qu’elle lui dise ce qu’il a à faire. Bref, DIES est libre : il vit ! Les questions fondamentales qui nous ont poussés à fonder DIES sont toujours d’actualité : les étudiants ont-ils assez d’autonomie pour agir et faire bouger l’université ? doivent-ils se laisser guider aveuglément ? ne peuvent-ils pas prendre en main ce qui fait la vie universitaire ? ne sont-ils pas les premiers acteurs de l’université ? au moins en terme quantitatif ? que faisons-nous chacun pour rendre la vie de l’université plus attrayante, moins individualiste ?! On peut tout changer, c’est une question de volonté et de caractère. Les initiatives étudiantes doivent sortir de terre et germer. Chaque étudiant peut en prendre : il y a quasiment tout à faire ! Bonne nouvelle, la place est libre : nous pouvons avoir d’heureuses initiatives, elles se concrétiseront comme DIES s’est concrétisé. Ainsi, on cultivera une spécificité Sorbonne. L’exception d’une faculté vivante et soudée. L’exception d’une faculté où l’étudiant est l’acteur de la vie étudiante, où les étudiants organisent leurs propres divertissements, leurs activités culturelles et intellectuelles ! Il ne reste plus qu’à agir ! DIES, en plus de toutes ses activités, est prêt à vous aider !

Gauthier de Place, Président de DIES

N’ayons pas peur d’être nous-mêmes...

Grâce à l’incommensurable fécondité de ses illustres élèves et docteurs (notamment St Thomas d’Aquin), la Sorbonne va rayonner durant des siècles en France, en Europe et dans le monde entier, et marquer profondément la civilisation occidentale. La Sorbonne est sans doute l’université la plus universellement connue dans le monde, elle le doit à ses origines, et à sa vocation universitaire, c’est à dire universelle.

Au rythme des divers évènements de la France, la doyenne des facultés d’Europe va passer de l’étude de la science divine à l’étude des « sciences humaines ». Ainsi, dans les statuts actuels de la Sorbonne (Paris IV) est conservée la vocation à « l’étude des civilisations à travers leur domaine intellectuel, matériel et spirituel ».

Ainsi, par son histoire et par essence, la Sorbonne a eu et a toujours une vocation universitaire : c’est à dire former des esprits aux humanités, en exerçant ses étudiants aux capacités intellectuelles pour la découvertes puis la transmission de la vérité. On l’oublie parfois, le sens de la Sorbonne, le sens de l’université se trouve dans une recherche intellectuelle, intérieure, spéculative. L’université n’est pas le lieu d’une formation technique, pratique, d’apprentissage ou d’application de règles professionnelles ou positives : la Sorbonne n’est ni un atelier, ni une école où l’on apprend un métier.

L’édifice propre de la Sor-bonne est intellectuel. Il est intéressant de constater qu’aux origines de la Sorbonne, son formidable édifice intellectuel s’accompagnait, en France, d’un formidable édifice artisanal (siècle des cathédrales). Constatons qu’aujourd’hui les deux déclinent en même temps... et ce à mesure que la vocation universitaire est malmenée.

Ensemble, héritiers de la Sorbonne de toujours, sorbonnards d’aujourd’hui, contribuons à la restauration de l’œuvre universitaire.

Thierry du Rivau

Les arracheurs arrachés

En bien peu de mots des actes de si peu d’intelligence doivent être décrits car ils ne peuvent rien exprimer de plus que le plus bas des instincts. Mais laissés dans le silence ils deviendraient victorieux : nous engloutissant dans leur absurdité, dans leur absence de sens, ils anéantiraient tout dialogue, toute compréhension mutuelle. Dès lors, même si notre critique n’est pas entendue de ceux qui l’ont fait naître, il nous faut montrer notre refus s’accepter ce genre d’agression pour ne pas en être victimes et devenir nous-mêmes des bêtes apeurées qui ne peuvent répondre que par des coups de griffe. De qui s’agit-il donc ? Au début du mois, nous organisions une bourse aux livres. Afin qu’elle puisse profiter au plus grand nombre d’étudiants, nous en affichions des annonces le plus largement possible : c’est-à-dire dans les différents centres attenants à Paris IV. Celles du centre Malesherbes furent presque immédiatement toutes arrachées. Manquait-il de place sur les panneaux ? Cette publicité n’avait-elle pas sa place dans l’enceinte universitaire ? Seuls de tels motifs justifieraient de tels actes, et pourtant aucun ne peut être ici allégué. En privant bon nombre d’étudiants de rencontrer d’autres étu-diants, de découvrir un peu plus la Sorbonne, de récolter un peu d’argent, de trouver des livres à moindre prix, de redonner en somme un peu de vie et de joie à l’Université, ce n’est pas notre entreprise qu’on prive de succès mais bien la vie étudiante même qu’on entrave. Comment ne pas voir l’absurdité de ces actes puisque ceux qui les commettent n’agissent même pas dans leur intérêt ? En effet ils croient le servir mais ne font qu’obéir à la peur la plus primaire qui est une des pentes à la fois les plus faciles et les plus dangereuses à suivre. Faciles car elles ne demandent que très peu d’initiative propre, tout juste le déclenchement d’un mécanisme instinctif qui peut se résumer de la sorte : tout ce qui ne peut servir de manière évidente à sa propre conservation est vu comme ennemi, devient hostile et doit être supprimé au plus vite. Dangereuses car elles finissent par nous dresser tous les uns contre les autres. Voilà où mène l’individualisme forcené qui aboutit à une contradiction fatale : ceux qui en sont porteurs ne peuvent se passer des autres pour exister et cependant leur but inavoué est de les réduire à néant. Plaignons donc plutôt ces arracheurs qui ne peuvent être qu’arrachés... entre leur besoin de défense le plus animal et le petit fond d’humanité qu’il leur reste.

Louis LEDERLE.

Nouvelles des conseils : Conseil de pilotage du 4 novembre 2002 :

Très technique ; les étudiants ne sont pas la première préoccupation du conseil. Cependant l’administra-tion de Paris IV travaille et, effectivement, bout de couloir après bout de couloir, la Sorbonne est devenue presque intégralement salubre. Ce n’a probablement pas été une mince affaire ! Côté étudiant monsieur le Président s’est inquiété de savoir si la rentrée universitaire s’était bien passée. Une bonne nouvelle réchauffera le cœur des étudiants : monsieur le Président Georges Molinié s’est ouvertement érigé en défenseur de la cession de septembre. Il a affirmé que les chiffres parlaient d’eux-mêmes, qu’elle était utile. Il nous a affirmé qu’il la défendrait, tant que faire se peut.

LA VERITE VOUS RENDRA LIBRES

Tu es lampe, tu es nuit ; Cette lucarne est pour ton regard, Cette planche pour ta fatigue, Ce peu d’eau pour ta soif, Les murs entiers sont à celui que ta clarté met au monde, Ô détenue, ô Mariée !

René Char, extrait de la Sieste blanche, dans Les Matinaux (1950)

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